C’est le premier conseil “d’expert” que l’on reçoit lorsque l’on glisse pour la première fois ses pieds dans des cales automatiques : “Pour être efficace, tu dois pédaler rond. Il ne faut pas seulement appuyer sur la pédale, il faut aussi la tirer vers le haut à la remontée.”
Sur le papier, la théorie est séduisante, presque magique. On s’imagine déjà diviser l’effort par deux en utilisant les quadriceps pour écraser la pédale de droite pendant que les ischio-jambiers tirent celle de gauche. On cherche la fluidité parfaite, le geste technique suprême des coureurs du Tour de France.
Pourtant, si vous appliquez consciencieement ce conseil à chaque sortie, vous êtes en train de saboter votre endurance.
La science biomécanique moderne s’est penchée sur la question, et les conclusions des laboratoires de performance sont sans appel : le pédalage rond est un mythe. Essayer de tirer activement sur vos pédales ne vous rend pas plus rapide. Pire, cela vous épuise prématurément. Voici pourquoi.
Le laboratoire a parlé : Personne ne tire sur ses pédales
Pour comprendre l’inefficacité de ce geste, des chercheurs en biomécanique du sport ont équipé des cyclistes professionnels et amateurs de pédales spécifiques, dotées de capteurs de force à 360°. L’objectif ? Mesurer précisément la direction et l’intensité de la force appliquée par le pied à chaque millième de seconde du cycle de pédalage.
Les résultats ont pris la communauté cycliste à contre-pied : même les meilleurs coureurs de la planète ne tirent pas sur leurs pédales.
Lors de la phase de remontée (ce que l’on appelle le point mort inférieur, de 6h à 12h sur une horloge), la force mesurée sur la pédale est presque toujours négative ou nulle. En clair, le pied qui remonte ne crée aucune propulsion.
Alors, pourquoi les pros ont-ils ce geste si fluide qui donne l’illusion de tourner rond ?
Le secret des champions n’est pas de tirer sur la pédale pour faire avancer le vélo, mais simplement d’alléger le poids de la jambe qui remonte. Ils font travailler les fléchisseurs de la hanche juste assez pour que la jambe passive ne devienne pas un “poids mort” que la jambe active (celle qui appuie) doit pousser en plus du vélo.














