Dans une petite rue pavée de la banlieue lyonnaise, loin du bruit des pelotons professionnels et des vélos en carbone à plusieurs milliers d’euros, se trouve un atelier qui respire la générosité. C’est ici que Marcel, 78 ans, passe ses journées, les mains dans le cambouis et le cœur léger. Sa mission ? Réparer de vieux vélos abandonnés pour les offrir aux enfants du quartier.
Du garage à la caverne d’Ali Baba
Marcel n’est pas un ancien coureur du Tour de France. C’est un ancien mécanicien, un homme discret dont le garage est devenu le refuge de dizaines de vélos qui allaient finir à la déchetterie. “Un vélo, ça ne se jette pas,” dit-il avec un sourire malicieux, en resserrant le frein d’un petit vélo de course bleu. “Ça a une âme. Il suffit de l’écouter un peu pour la faire revivre.”
Tout a commencé il y a cinq ans, peu après le décès de sa femme. Face au vide de la retraite et à la solitude, Marcel a vu un vélo d’enfant abandonné près d’une poubelle. L’image l’a touché. Il l’a ramené chez lui, l’a démonté, nettoyé, et a remplacé les pièces usées avec des trésors qu’il gardait depuis des années. Quelques jours plus tard, il l’offrait au jeune fils de sa voisine, dont les yeux se sont illuminés. Ce fut une révélation.
Aujourd’hui, le garage de Marcel est une véritable caverne d’Ali Baba pour cyclistes en herbe. Des cadres de toutes les tailles sont suspendus au plafond, des roues s’empilent dans un coin, et des boîtes de pédales, de chaînes et de dérailleurs attendent patiemment leur tour.















